Guttannen → Windegghütte
Départ au-dessus de Guttannen, montée par le Rindertal et le Furtwangsattel (2568 m) jusqu'à la Windegghütte.
10,1 kmD+ 1460 mD− 730 m
Carnet de voyage
Boucle à ski dans les Alpes uranaises
Fin mars 2025·5 jours·72,0 km·D+ 6670 m·D− 7720 m

Cinq jours de traversée en boucle dans les Alpes uranaises, entre Guttannen et Innertkirchen : deux refuges gardés (Windegghütte, Spannorthütte), une nuit à l'hôtel du Steingletscher au pied du Sustenpass, une nuit au bivouac Grassen, et un dernier jour qui referme la boucle via le Wissberg, Engelberg et le Jochpass, puis la descente du Gental.
Informations
Itinéraire
De Guttannen à Innertkirchen, une boucle de refuge en refuge (et un bivouac) entre les massifs du Dammastock et du Titlis.
Carte interactive — zoom volontairement limité.
Départ au-dessus de Guttannen, montée par le Rindertal et le Furtwangsattel (2568 m) jusqu'à la Windegghütte.
10,1 kmD+ 1460 mD− 730 m
Via la Triftbrücke et le col à l'ouest du Giglistock (2901 m), descente du Gigligletscher jusqu'à l'hôtel du Steingletscher.
11,4 kmD+ 1240 mD− 1260 m
Montée par l'Obertaljoch, puis le Wendengletscher dans le brouillard, jusqu'au bivouac Grassen.
9,4 kmD+ 1510 mD− 720 m
Montée au sommet du Grassen (2946 m), traversée par le Bärenhorn au-dessus d'une mer de nuages, jusqu'à la Spannorthütte.
12,6 kmD+ 1130 mD− 1810 m
Montée à la croix du Wissberg (2627 m), descente sur Engelberg, bus et télécabine jusqu'au Jochpass, puis longue descente à travers le Gental jusqu'à Innertkirchen.
28,5 kmD+ 1330 mD− 3200 m
Le récit
Bouchons à Genève, puis à Lausanne, café à Yverdon, pause pour faire les sacs et laisser un sac de nourriture au propriétaire de Steingletscher à Meiringen, dépose d'une voiture dans la vallée du Gental pour 40 fr. la semaine, puis recherche d'une route d'accès non interdite pour monter le plus haut possible en voiture. Après plusieurs tentatives, négociation d'une place gratuite légèrement au-dessus de Guttannen auprès de paysans.
Si bien qu'il n'est pas très tôt quand nous attaquons le premier pique-nique, et encore plus tard lorsque nous attaquons la montée en baskets, skis sur le dos. Nous croisons un ancien en Duster qui insiste pour nous montrer le départ du chemin, bien que nous ayons tenté de lui dire que nous avions la carte. Mais il semblait si enthousiaste de voir un groupe de jeunes skieurs…
Après 500 m à pied, nous chaussons enfin les skis, pour remonter dans une neige bien ramollie le long du Rindertal, puis, aux lumières du couchant, jusqu'au Furtwangsattel. Par une belle session de grattage, nous rejoignons les pentes surplombant la Windegghütte, régulièrement croûtées puis de plus en plus portantes à mesure que nous descendons.
Une petite cabane d'hiver, très confortable, avec un poêle à bois et du bois que nous tarderons à trouver !
La CSV de la veille nous a alertés sur les pentes raides et potentiellement dures et exposées qui permettent de quitter la cabane par le bas. Nous rejoignons l'impressionnant pont tibétain Triftbrücke, attraction de ce début de journée.
La longue combe que nous remontons ensuite nous inspire une pause café, allongés dans l'herbe, bercés par le bruit du ruisseau. La pause déj au col à l'ouest du Giglistock nous coûtera la visibilité lors de la descente du Gigligletscher…
La neige s'alourdit à mesure que nous perdons de l'altitude, si bien que nous préférons gratter en traversée à la fin plutôt que de risquer des virages. Nous remontons ensuite le canyon jusqu'à Steingletscher, où Thomas nous accueille très chaleureusement.
Aprem belote, chill et échange avec Daniel Dulac que je n'avais pas croisé depuis longtemps. C'est bon, le confort d'une bonne douche chaude, parfois, au milieu d'un trip à ski de randonnée. Et aussi de se faire servir à manger et d'ouvrir le robinet pour se procurer de l'eau !
La journée crasseuse de la semaine. Elle était annoncée dès le départ, et les modèles ne se sont pas trompés…
Nous partons sous une épaisse couche de brouillard, dans laquelle nous évoluons bientôt. La neige est ramollie. Au col Obertaljoch, nous nous concertons pour savoir quelle option nous prenons à la descente : raide et plein nord, ou moins raide et ouest. Certaines doutent de la pente et, sans hésitation, nous basculons à main gauche.
La neige tombée les jours précédents est posée sur un fond dur, et l'ensemble est homogène et plutôt plaisant à skier. Si ce n'est la piètre visibilité. J'opte pour une option intermédiaire, et nous plongeons bientôt à main droite, pour retrouver le versant froid. Nous nous retrouvons dans une pente soutenue, dans laquelle nous n'avons d'autre choix que de repeauter.
La remontée du Wendengletscher se déroule dans un brouillard épais, des conditions qui rendent le petit bivouac Grassen, haut perché sur la crête dominée par l'imposante paroi du Titlis, d'autant plus accueillant.
Nous passerons l'après-midi et la soirée réchauffés par le feu de bois, à écouter le vent et la neige fouetter les parois du bivouac.
Lever 6 h, en espérant apprécier le lever du soleil. Nous déchantons en voyant les différentes strates de nuages et de brouillard à toutes les altitudes. Je décide de temporiser.
Mais une heure plus tard, tout semble changer très vite, et nous nous activons pour partir dès que possible. En effet, les couches se déchirent successivement, laissant place, enfin, au soleil. Comme prix de ce changement brutal, le vent nous cueille à la sortie du bivouac.
Nous décidons de monter au Grassen, sommet situé à 2946 m, pour apprécier la vue sur l'imposante paroi du Titlis, et de là-haut, c'est un paysage féerique qui s'ouvre, les sommets étant révélés par la mer de nuages qui s'étend à perte de vue.
Nous traversons à flanc, jusqu'à rejoindre une belle pente toute poudre. Nous récoltons les fruits de la perturbation des derniers jours. Par excès de zèle, je me retrouve un peu bas par rapport à la trace de ski, qui semble passer au milieu de la falaise. Je m'étonne de ce loupé.
Nous remontons une pente raide et étroite, qui nous donne accès à nouveau aux glaciers de cette incroyable traversée suspendue, pour rejoindre le sommet du Bärenhorn.
En dessous, la mer de nuages, toujours, sous laquelle nous skions bientôt. Comme la veille, la visibilité est réduite à néant, et je m'oriente au GPS. La neige s'alourdit, et nous devons rester au fond du couloir pour espérer éviter les cailloux piégeux.
Il nous faut encore traverser une moraine presque entièrement déneigée et effectuer une longue traversée en grattage pour atteindre enfin le refuge.
La surprise est plutôt bonne : s'il est moins cosy que les précédents, il est en revanche neuf et confortable, et bien doté en bière. Manque peut-être juste un poêle à bois qui aurait adouci l'ambiance plutôt fraîche.
Réveil matinal, le premier de cette saison hivernale. Ça sent le printemps ! À 5h30, nous sommes sur les skis pour un échauffement sans transition, dans une pente verglacée où il ne faut pas tomber. Dérapage pour tout le monde !
Je ne comprends pas la trace de ski de rando indiquée sur les cartes suisses, qui semble être débonnaire, mais le terrain est tout autre : raide, verglacé.
Nous rejoignons le fond de vallon et remontons en face, au milieu d'une micro-station de ski. Rapidement, nous retrouvons un terrain bien sauvage et, à mesure que nous nous élevons, nous avons une vue imprenable sur le Titlis et la traversée sur les crêtes de la veille.
De la croix du Wissberg, à 2627 m, nous pourrions imaginer poursuivre encore cette traversée vers le nord et rejoindre la Rugghubelhütte. Mais la journée, de notre côté, n'est pas finie et nous devons retrouver nos voitures.
Après la descente vers Engelberg, une transition en bus dans la vallée nous permet de rejoindre les remontées mécaniques d'Engelberg-Titlis. Du Jochpass, au sommet du domaine skiable, une longue descente nous attend à travers le Gental jusqu'à la voiture.
Quelle journée et quelle traversée !
J1Guttannen → Windegghütte
J2Windegghütte → Steingletscher
J3Steingletscher → Grassenbiwak
J4Grassenbiwak → Spannorthütte
J5Spannorthütte → Innertkirchen
Portfolio
Boucle à ski dans les Alpes uranaises